Le D/s 24/7 intrigue. Pour certain·es, c’est une forme de relation profonde, structurée et très engageante. Pour d’autres, c’est une idée floue, parfois fantasmée, parfois inquiétante — souvent à cause d’images simplifiées véhiculées par la culture populaire, ou d’une méconnaissance de comment vivre une relation D/s de manière concrète et équilibrée.
Et c’est normal : “24/7” peut sonner comme un contrôle permanent, une sexualité constante, ou une obéissance automatique. En réalité, la majorité des malentendus viennent d’une confusion entre fantasme et cadre relationnel, entre ce qu’on imagine d’une dynamique D/s et ce qu’elle implique concrètement au quotidien.
Dans cet article, nous allons déconstruire 4 mythes très courants sur le D/s 24/7, avec une approche éducative, nuancée et responsable : sans diaboliser, sans idéaliser, et toujours en rappelant les piliers essentiels du BDSM — consentement, communication et sécurité.
Que vous soyez curieux·se, débutant·e, déjà en dynamique D/s ou simplement en recherche de repères fiables : l’objectif est simple. Vous aider à distinguer ce qui relève du cliché… de ce qui peut réellement fonctionner, de manière saine, pour certaines personnes.

Avant de déconstruire les mythes, il est essentiel de poser une base claire. Le D/s 24/7 (Domination / soumission vingt-quatre heures sur vingt-quatre) n’est ni un rôle joué en permanence, ni une performance sexuelle continue. Il s’agit d’une dynamique relationnelle dans laquelle la structure D/s fait partie intégrante du quotidien, au-delà des scènes ou des moments explicitement BDSM.
Dans le BDSM, on distingue souvent les scènes (temps délimités, négociés, avec un début et une fin) des dynamiques relationnelles. Le D/s 24/7 appartient clairement à cette seconde catégorie.
Une dynamique D/s peut exister :
Ce qui la définit, ce n’est pas ce qui se voit de l’extérieur, mais la répartition consensuelle du pouvoir, l’intention partagée et la manière dont chacun se situe dans la relation.
Le terme 24/7 indique que cette intention n’est pas limitée à un créneau précis : elle s’inscrit dans la continuité de la relation, tout en restant adaptable à la réalité.
Dire qu’une relation est D/s 24/7 ne veut pas dire que chaque décision, chaque parole ou chaque interaction est dictée par un protocole. Cela signifie plutôt que la posture Dominant·e / soumis·e fait partie de l’identité relationnelle, même lorsque la vie quotidienne prend le dessus.
Concrètement, cela peut vouloir dire :
En revanche, cela ne signifie pas :
Le D/s 24/7 n’est pas défini par la quantité de pratiques BDSM, mais par une intention relationnelle partagée, évolutive et explicitement consentie. Ce sont le cadre, la communication et la responsabilité mutuelle qui en font une dynamique viable — pas l’intensité apparente.
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C’est sans doute le mythe le plus répandu autour du D/s 24/7, et aussi l’un des plus trompeurs. Beaucoup de personnes imaginent une relation faite de sexualité constante, de jeux de pouvoir visibles en continu et d’une érotisation permanente du quotidien.
Cette vision est compréhensible. Elle est largement nourrie par la culture populaire, certains récits érotiques et une représentation très partielle du BDSM, souvent réduite à ses aspects les plus spectaculaires ou excitants. Pourtant, cette idée est loin de la réalité vécue par la majorité des personnes engagées dans une dynamique D/s 24/7.
Lorsque l’on découvre le BDSM, la porte d’entrée est souvent sexuelle : jeux de domination, scénarios érotiques, intensité des sensations. Il est donc logique d’imaginer que le 24/7 serait simplement une version “sans pause” de ces expériences.
À cela s’ajoute une confusion fréquente entre :
Or, dans une relation D/s 24/7, la sexualité n’est qu’un élément possible parmi d’autres. Elle peut être importante, occasionnelle, secondaire… ou parfois absente pendant certaines périodes, sans que cela remette en cause la dynamique.

Dans le D/s 24/7, ce qui est constant n’est pas l’activité sexuelle, mais la posture intérieure. La manière dont les partenaires se perçoivent, se positionnent l’un par rapport à l’autre, et donnent du sens à leur lien.
Le quotidien d’un couple ou d’une relation D/s 24/7 ressemble souvent, extérieurement, à n’importe quelle autre relation : travail, responsabilités, fatigue, imprévus, contraintes familiales ou sociales. La différence se situe surtout dans :
La sexualité peut y être présente, parfois très intense… mais elle n’est ni permanente, ni obligatoire. Beaucoup de personnes en D/s 24/7 décrivent leur relation comme profondément émotionnelle avant d’être sexuelle.
Confondre D/s 24/7 et sexualité constante peut mener à des attentes irréalistes, voire à une pression malsaine sur soi ou sur le/la partenaire. Une dynamique D/s ne se mesure pas à la fréquence des actes sexuels, mais à la qualité du consentement, du lien et du respect mutuel.
Cette idée est non seulement fausse, mais aussi potentiellement dangereuse. Elle repose sur une vision caricaturale de la soumission, souvent associée à l’effacement total de soi, à l’obéissance automatique et à l’impossibilité de poser des limites.
En réalité, une dynamique D/s 24/7 saine repose sur un principe fondamental : le consentement est permanent, évolutif et réversible. Dire “oui” à une structure D/s ne signifie jamais renoncer à son droit de dire “non”.
Ce mythe provient souvent de deux confusions majeures. La première consiste à croire que l’autorité du ou de la dominant·e serait incompatible avec la remise en question ou le dialogue. La seconde confond la soumission consentie avec une forme de passivité ou de soumission subie.
Dans l’imaginaire collectif, la personne soumise serait censée accepter sans discuter, tandis que la personne dominante déciderait seule. Cette vision ignore complètement la réalité des dynamiques D/s durables, dans lesquelles la communication explicite est indispensable.

Dans un D/s 24/7, le consentement ne se limite pas à un accord initial. Il s’exprime et se vérifie dans le temps, à travers les échanges, les ajustements et parfois les désaccords.
Dire “non”, exprimer un inconfort, demander une pause ou renégocier un cadre ne remet pas en cause la dynamique. Au contraire, cela permet de la préserver. Une relation dans laquelle la personne soumise n’ose jamais refuser n’est pas une relation D/s saine, mais un déséquilibre à risque.
Il est également important de rappeler que le “non” peut prendre différentes formes : un refus explicite, une discussion, une émotion exprimée, ou simplement le besoin de prendre du recul à un moment donné.
Mettre en place des moments réguliers de communication “hors dynamique” permet de vérifier que le cadre D/s convient toujours aux deux partenaires. Ces échanges ne diminuent ni la domination ni la soumission : ils les rendent plus solides et plus sécurisantes.
C’est probablement le mythe le plus sensible — et le plus chargé émotionnellement. Il s’appuie sur une inquiétude légitime : celle de voir le D/s 24/7 utilisé comme un prétexte pour exercer un contrôle abusif, isoler un·e partenaire ou nier ses besoins fondamentaux.
Cette crainte existe parce que des dérives existent réellement. Mais assimiler toutes les dynamiques D/s 24/7 à de l’abus revient à ignorer un critère essentiel : le consentement éclairé et la capacité à remettre le cadre en question.
Vu de l’extérieur, une relation qui inclut une hiérarchie assumée, une prise de décision asymétrique ou une autorité durable peut rappeler certains mécanismes de relations toxiques. D’autant plus lorsque le vocabulaire du BDSM est mal compris ou caricaturé.
Il est donc normal que des personnes — y compris au sein de la communauté kink — se montrent prudentes, voire méfiantes, face au D/s 24/7. Cette vigilance est saine lorsqu’elle sert à protéger, mais elle devient problématique lorsqu’elle empêche toute nuance.
La différence ne se situe pas dans la forme extérieure de la relation, mais dans son fonctionnement interne. Une dynamique D/s 24/7 saine se reconnaît notamment à :
À l’inverse, une relation abusive utilise le langage du D/s pour justifier la peur, la culpabilité, la contrainte ou l’isolement. Ce n’est pas la domination qui est alors en cause, mais son absence d’éthique.
Si une relation empêche toute remise en question, interdit l’expression d’un malaise ou fait porter la responsabilité de la souffrance sur la personne soumise, il ne s’agit pas de D/s consensuel. Le cadre BDSM ne doit jamais servir à masquer ou excuser des comportements abusifs.

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Ce mythe découle directement d’une vision très rigide — et souvent anxiogène — du D/s 24/7. Il laisse penser que la personne soumise serait tenue d’obéir en permanence, quelles que soient les circonstances, son état physique, émotionnel ou les contraintes du quotidien.
Dans la réalité, cette vision ne correspond ni aux dynamiques durables, ni aux pratiques responsables. Une relation D/s 24/7 n’est pas une suite ininterrompue d’ordres à exécuter, mais un cadre relationnel souple, capable de s’adapter à la vie réelle.
Les règles, rituels et protocoles sont souvent au cœur des dynamiques D/s. Ils servent à structurer la relation, à nourrir le sentiment de cadre et à renforcer la connexion entre les partenaires.
Cependant, dans un D/s 24/7 sain, ces éléments restent des outils au service de la relation, et non des obligations déconnectées du contexte. Ils peuvent évoluer, être ajustés, mis en pause ou même disparaître temporairement sans que la dynamique perde son sens.
Le respect d’un protocole n’a de valeur que s’il est compris, consenti et vécu comme cohérent par les deux partenaires.
Fatigue, stress professionnel, problèmes de santé, responsabilités familiales… La vie quotidienne impose parfois de revoir les priorités. Dans ces moments-là, le D/s 24/7 ne disparaît pas : il se reconfigure.
Ne pas suivre une règle un jour donné, inverser temporairement certaines tâches ou prendre une posture plus fonctionnelle ne rend ni la personne dominante “moins dominante”, ni la personne soumise “moins soumise”. Ce qui compte, c’est l’intention relationnelle et la manière dont chacun se situe dans le lien, même lorsque les formes habituelles sont mises de côté.
Dans un D/s 24/7, l’obéissance n’est pas un automatisme permanent. Les règles et protocoles sont des repères adaptables, et non des contraintes figées. La solidité d’une dynamique se mesure à sa capacité à s’ajuster à la réalité, pas à son degré de rigidité.
Après avoir déconstruit les mythes les plus courants, un point essentiel mérite d’être clairement posé : le D/s 24/7 n’est ni une norme, ni un objectif à atteindre. Ce n’est pas un “niveau supérieur” du BDSM, ni une étape obligatoire pour vivre une dynamique D/s épanouissante.
Chaque relation est unique, et chaque personne a des besoins, des limites et des contextes de vie différents. Ce qui fonctionne profondément pour certain·es peut être inadapté, inconfortable ou simplement non désiré pour d’autres — et c’est parfaitement légitime.
Dans certaines représentations communautaires, le D/s 24/7 est parfois présenté comme une forme d’aboutissement : plus engagé, plus “authentique”, plus intense. Cette vision peut créer une pression inutile, notamment chez les personnes débutantes.
Or, une dynamique D/s peut être :
Aucune de ces formes n’est plus “valable” qu’une autre. La qualité d’une relation D/s ne se mesure pas à sa durée ou à son intensité apparente, mais à la manière dont elle est vécue par les personnes concernées.
Avant d’envisager un D/s 24/7, il est utile de se poser certaines questions, individuellement et à deux. Par exemple :
Il est également important de rappeler qu’un “non”, un “pas maintenant” ou un “pas comme ça” n’est pas un échec. Choisir de ne pas s’engager dans un D/s 24/7, ou d’y renoncer après réflexion, est une décision aussi valide que celle de l’adopter.
Prendre le temps de réfléchir avant de s’engager
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S’engager dans une dynamique D/s 24/7 ne repose pas uniquement sur l’envie ou l’intensité du lien. Cela demande de la réflexion, de la communication et une capacité à ajuster le cadre dans le temps. Cette boîte à outils a pour objectif de vous fournir des repères concrets, à adapter librement selon votre réalité.

La communication est souvent plus fluide lorsque certaines formulations sont posées à l’avance. Voici quelques exemples de phrases adaptables :
Un D/s 24/7 fonctionnel repose rarement sur des règles figées. Il est souvent plus sain de penser le cadre comme évolutif. Cela peut passer par :
Le D/s 24/7 ne se limite pas aux pratiques sexuelles. Certaines dynamiques s’expriment davantage dans le quotidien :
Le matériel n’est jamais obligatoire, mais certains éléments peuvent soutenir la dynamique :
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Le D/s 24/7 est souvent entouré de fantasmes, de peurs et de raccourcis. En déconstruisant ces 4 mythes courants, une réalité plus nuancée apparaît : il ne s’agit ni de sexualité permanente, ni d’obéissance aveugle, ni d’un modèle toxique par essence, ni d’un cadre rigide imposé à tout moment.
Comme toute dynamique BDSM, le D/s 24/7 repose avant tout sur des bases solides : consentement éclairé, communication continue, responsabilité et capacité d’adaptation. Lorsqu’il est choisi en conscience et vécu de manière éthique, il peut être une forme de relation profondément structurante pour certaines personnes — sans jamais être une obligation ni une norme.
L’essentiel reste de se donner le droit de questionner, d’ajuster, d’apprendre… et de choisir ce qui fait sens pour soi, ici et maintenant.
Oui. Un D/s 24/7 n’est jamais irréversible. Comme toute dynamique relationnelle consensuelle, il peut évoluer, être suspendu ou s’arrêter si l’une des personnes concernées ne s’y retrouve plus. Mettre fin au cadre n’annule pas ce qui a été vécu, ni la légitimité des choix passés.
Non. Certaines dynamiques D/s 24/7 existent à distance ou sans cohabitation. Le “24/7” renvoie à l’intention relationnelle, pas à une présence physique permanente. La forme concrète dépend du contexte, des contraintes et des accords entre partenaires.
Oui, à condition que la dynamique soit pensée de manière réaliste. Un D/s 24/7 sain respecte les obligations professionnelles, familiales et sociales. Lorsqu’un cadre D/s entre en conflit avec la vie quotidienne au point de créer de la détresse, il est nécessaire de l’ajuster.
C’est possible, mais cela demande souvent plus de temps, de réflexion et d’accompagnement. Il est généralement recommandé de commencer par des dynamiques plus ponctuelles afin de mieux comprendre ses besoins, ses limites et sa manière de communiquer avant d’envisager un cadre aussi engageant.
Non. Certaines dynamiques reposent sur des règles claires et structurées, d’autres sur une posture plus implicite. Ce qui compte n’est pas la quantité de règles, mais leur sens, leur consentement et leur capacité à évoluer.
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